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BOCOUM H. (dir.), 2002, Aux origines de la métallurgie du fer en Afrique - Une ancienneté méconnue - Afrique de l'Ouest et Afrique centrale, Paris, éditions de l'UNESCO, Collection Mémoire des peuples, 240 pages.

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Sommaire

  • Introduction générale Hamady Bocoum

PREMIÈRE PARTIE

  • Vingt-cinq siècles de travail du fer au Nigéria – Contribution du Nigéria à la première session du Comité scientifique international (Abuja, 23-27 février 1995)

Introduction

  • J. F. Jemkur : Les débuts de la métallurgie du fer en Afrique de l’Ouest
  • E. E. Okafor : La réduction du fer dans les bas fourneaux – Une industrie vieille de 2 500 ans au Nigéria
  • I.A. Akinjogbin : L’impact du fer au Pays yoruba

 DEUXIÈME PARTIE

  • Rencontres sur la métallurgie du fer en Afrique (Siège de l’UNESCO, 12 novembre 1999)
  • P. Fluzin : La chaîne opératoire en sidérurgie, matériaux archéologiques et procédés. Apport des études métallographiques
  • H. Bocoum : La métallurgie du fer en Afrique, un patrimoine et une ressource au service du développement
  • G. Quéchon : Les datations de la métallurgie du fer à Termit (Niger) : leur fiabilité, leur signification
  • G. Quéchon : Données chronométriques et chronologiques de la métallurgie à Termit – Matériaux graphiques pour l’étude des âges anciens du fer A. Person,
  • P. de Maret : L’Afrique centrale : le « savoir-fer »
  • J.-M. Esssomba : Bilan de l’archéologie du fer au Cameroun méridional
  • D. Aremu : Les routes du fer en Afrique : une contribution du Nigéria
  • B. Martinelli : Au seuil de la métallurgie intensive – Le choix de la combustion lente dans la boucle du Niger (Burkina Faso et Mali)
  • L.-M. Maes-Diop : Bilan des datations des vestiges anciens de la sidérurgie en Afrique – L’enseignement qui s’en dégage

BIBLIOGRAPHIE

ANNEXES

  • Consultation internationale de spécialistes (Maputo, 10-13 décembre 1991) – Extraits du rapport
  • Membres du Comité scientifique international du projet « Les Routes du fer en Afrique »

INDEX

  • Auteurs 
  • Sites de fouilles
  • Illustration

 

 

Résumés d’articles

 
Les débuts de la métallurgie du fer en Afrique de l’Ouest
Par J. F. Jemkur, Centre for Nigerian Cultural Studies, Ahmadou Bello University, Nigeria

Ce texte résume la genèse de la métallurgie du fer en Afrique avec une référence particulière à la situation qui a prévalu au Nigéria. Elle récapitule les théories des deux écoles de pensée en présence, à savoir l’école « diffusionniste » et l’école « autochtone » en montrant comment l’une et l’autre expliquent les origines du travail du fer en Afrique. Vient ensuite un résumé des témoignages provenant de la culture Nok, réunis au Nigéria. Des exemples d’activités métallurgiques plus tardives, pratiquées dans d’autres régions du nord du Nigéria, depuis Daima et Samaru-Ouest jusqu’aux témoignages ethnographiques actuels, sont également mis en relief.
 
La réduction du fer dans les bas-fourneaux, une industrie vieille de deux mille cinq cents ans au Nigéria
Par Edwin Eme Okafor, Department of Archaeology, University of Nigeria, University Road, Nsukka, Enugu

Cet exposé étudie en détail les techniques de réduction du fer dans des bas fourneaux au Nigéria avec une référence plus particulière à la région de Nsukka, où subsistent encore de nombreux vestiges. La technique utilisée dans cette région a fait l’objet de recherches archéologiques et d’études ethnographiques. Des macro et microanalyses ont été effectuées sur des résidus de fusion. Les résultats des recherches montrent que la réduction du minerai de fer a été pratiquée dans la région de 760 cal. av. J.-C. environ, à 1950 cal. apr. J.-C. environ, soit pendant plus de 2500 ans, ce qui fait de cette région l’un des centres les plus anciens de métallurgie du fer en Afrique. Ces résultats révèlent en outre les constituants minéraux des scories, leur basicité et leur viscosité, ainsi que les températures auxquelles fonctionnaient les fourneaux. Ils indiquent enfin, la proportion de fer extraite de ces anciens résidus de minerai.
 
L’impact du fer en Pays yoruba
Par Isaac Adeagbo Akinjogbin, Université Obafemi Awofowo, Ile Road, Ile Ife, Osun State, Nigéria

Cet exposé traite de l’impact sociopolitique de la technologie du fer au Nigéria en prenant pour exemple le Pays yoruba. Mais cet impact sociopolitique plus particulièrement mis en lumière en pays yoruba, s’exerce aussi, mutatis mutandis, dans les autres régions du Nigéria.
 
La chaîne opératoire en sidérurgie, matériaux archéologiques et procédés. Apport des études métallographiques
Par Philippe Fluzin, Directeur de l’UMR 5060 CNRS, Laboratoire de métallurgies et cultures, Université de technologie de Belfort-Montbéliard

La restitution de la chaîne opératoire en paléométallurgie, allant du minerai à l’objet à partir des vestiges archéologiques, est particulièrement complexe. Les outils méthodologiques à caractère archéométrique sont nombreux (métallographie, minéralogie, pétrographie, analyses chimiques, etc.). Cependant c’est de la confrontation générale des données recueillies avec ces outils que l’on peut définir des indices permettant d’appréhender la discrimination des procédés sidérurgiques. Dans cet article nous illustrons cet aspect à partir des seules études métallographiques réalisées sur des vestiges archéologiques européens et ethnoarchéologiques africains. En effet, de telles études comparatives présentent au moins deux intérêts principaux :
• ancienneté de la sidérurgie africaine attestée par de nombreux témoins archéologiques,
• pérennité jusqu’aux époques actuelles des « savoir-faire » associés à la réduction directe.
Nos travaux mettent en évidence l’excellente valeur de référence de ces vestiges sur le plan archéologique et archéométrique. Ils nous ont permis d’une part, d’affiner la pertinence d’un certain nombre d’indices discriminatoires en terme de spécialisation fonctionnelle (réduction, forge d’épuration, forge d’élaboration) et d’autre part, de préciser l’organisation technico-sociale inhérente à la séparation des différentes activités sidérurgiques au sein de la chaîne opératoire.
 
La métallurgie du fer en Afrique : un patrimoine et une ressource au service du développement
Par Hamady Bocoum, Directeur du Patrimoine de la République du Sénégal, Ministère de la Culture- Avenue Léopold Sedar Senghor, Université Cheikh Anta Diop, Dakar
Présumant un foyer unique de diffusion de la métallurgie du fer, de nombreux historiens pensaient que la sidérurgie avait été introduite en Afrique à partir de l’Asie occidentale, d’abord en Égypte ancienne, puis dans le reste du continent par Carthage ou la Nubie. Mais au début des années 1970 déjà, des datations 14 C indiquèrent les VIIe et Xe siècles av. J.-C., pour le fer de Termit (Niger oriental), alors qu’en Tunisie ou à Méroé, le fer n’apparaît qu’au VIe siècle. Ces indications seront confirmées dans les années 1980 par des recherches plus diversifiées qui révélèrent qu’à Termit, la sidérurgie remonte indubitablement à 1500 av. J.-C. au moins. De même, à l’ouest de cette localité, à Égaro, les dates atteignirent 2500 av. J.-C, voire davantage. Des dates situées autour de 1200 av. J.-C. ont aussi parallèlement été obtenues près du lac Victoria-Nyanza. Dans ce contexte, la sidérurgie africaine est au moins contemporaine de celle du Moyen Orient, ce qui représente une contestation pertinente de ce relais. Toutefois, malgré cette accumulation de preuves, certaines questions, comme la fiabilité de certaines dates, l’absence supposée de traditions pyrotechniques et de cultures de transition, restent très discutées parmi les archéologues. Mais, au-delà de ces aspects polémiques, la métallurgie du fer en Afrique est un patrimoine vivant qui, dans son apparente rusticité, fait preuve d’une exceptionnelle capacité d’adaptation. En effet, bousculés depuis plus de quatre siècles par l’arrivée massive de produits manufacturés, les forgerons africains ont néanmoins réussi, souvent à partir de la seule dynamique intrinsèque de leur culture technique, à se maintenir à un niveau de compétitivité remarquable qui peut servir utilement le développement du continent.
 
Les datations de la métallurgie du fer à Termit (Niger) : leur fiabilité, leur signification
Par Gérard Quéchon, Laboratoire de recherches sur l’Afrique, Maison René-Ginouvès, CNRS-UMR 7041

Dès 1972, une date de 2630 ± 120 ans av. J.-C. avait été obtenue pour la métallurgie du fer à Termit. Cette ancienneté, inattendue dans l’état des connaissances de l’époque, obligeait à la prudence tant qu’elle n’était pas confirmée ou infirmée par de nouvelles recherches. La reprise de l’enquête en 1982 a corroboré la fiabilité de cette première date, qui a été croisée avec de nouvelles mesures, cohérentes entre elles et avec le contexte archéologique. D’autres mesures tout aussi concordantes, effectuées sur dégraissants organiques de céramique, permettent d’affirmer que nous n’avons pas daté des charbons fossiles. Il paraît donc désormais établi que les premiers objets de fer apparaissent à Termit à une date proche de 1500 avant J.-C., dans un contexte encore très néolithique. Ce schéma chronologique plaide davantage, dans le contexte actuel, en faveur d’une invention autochtone que d’un emprunt. Ce constat est solidement fondé sur des arguments scientifiques et non idéologiques. Il est donc aussi, par nature, susceptible d’être remis en cause par des faits nouveaux.
 
Données chronométriques et chronologiques de la métallurgie à Termit. Matériaux graphiques pour l’étude des âges anciens du fer
Par Alain Person et Gérard Quéchon, Alain Person, Laboratoire de recherches sur l’Afrique, Maison René-Ginouvès, CNRS-UNIR 7041
Gérard Quéchon, Laboratoire de recherches sur l’Afrique, Maison René-Ginouvès, CNRS-UMR 7041

En complément de l’article de Gérard Quechon (voir chapitre précédent), ce texte présente, sous forme d’expressions graphiques de données radiocarbones, certains éléments de discussion critique de l’ancienneté de la métallurgie du fer en Afrique. Les mesures obtenues durant le programme de Termit sont confrontées à celles déjà publiées. Nous tenterons de réaliser une approche chronologique de la métallurgie du fer à Termit, par des représentations graphiques tout en nous interrogeant sur certains des problèmes que posent les datations 14C.
 
L’Afrique centrale : le savoir-fer
Par Pierre de Maret, Université Libre de Bruxelles
Université Léopold-Sédar-Senghor d’Alexandrie
Cette conférence, donnée au Siège de l’UNESCO le 12 novembre 1999 en marge de la 30e session de la Conférence générale de l’Organisation, rappelle la démarche de l’UNESCO en faveur d’un dialogue interculturel pour une culture de paix, contexte dans lequel se situe le projet les Routes du fer en Afrique. Elle concerne plus particulièrement la métallurgie du fer d’Afrique centrale et met l’accent sur trois aspects principaux : sa grande ancienneté, sa remarquable technicité et la richesse de son symbolisme.
 
Bilan de l’archéologie de l’Âge du fer au Cameroun méridional
Par Joseph-Marie Essomba, Université de Yaoundé-1, Département d’Histoire, Arts et Archéologie

Lors de la première réunion des archéologues travaillant au Cameroun organisée à Garoua en 1979, il avait été constaté l’absence quasi totale de recherches archéologiques dans la partie sud du pays. Trois grandes régions, à l’intérieur desquelles pouvaient s’inscrire des recherches archéologiques, avaient été définies au cours de cette réunion : le Nord, le Nord-Ouest et le Sud. C’est dans cette perspective qu’ont été menées les fouilles archéologiques de l’équipe belge de Pierre de Maret à Obobogo, celles de Christophe Mbida à Ndindan, celles de Christiane Atangana à Okolo et nos propres recherches à Nkometou, Pan-Pan, Oliga et dans bien d’autres localités en zone forestière. Le premier Colloque international sur l’Archéologie du Cameroun, organisé à Yaoundé en 1986, fut l’occasion de faire un premier bilan des travaux sur l’Âge du fer au Cameroun méridional. On pourra ainsi constater que l’archéologie de l’Âge du fer est très importante pour l’histoire ancienne de l’Afrique centrale forestière au regard de la question du peuplement bantu ; elle permet de formuler des hypothèses sur une période couvrant près de 4 000 ans et de préciser que le berceau probable des peuples bantuphones se trouvait aux confins du Nigéria et du Cameroun, d’où ils auraient essaimé à travers l’Afrique centrale pendant la période de l’Âge de fer, soit lors des 4 derniers millénaires. Les travaux archéologiques récents montrent l’intérêt des recherches sur l’Âge du fer dans l’historiographie ancienne du Cameroun et de l’Afrique centrale.
 
Les routes du fer en Afrique : une contribution du Nigéria
Par David A. Aremu, Université d’Ibadan, Department of Archaeology, Ibadan, Oyo State, Nigeria

Ce texte présente les indices de métallurgie du fer au Nigéria depuis les environs du VIIIe siècle avant J.-C., jusqu’à nos jours. Il existe des preuves de production du fer dans la plupart des États du Nigéria, mais celles-ci se trouvent davantage concentrées dans certains États que dans d’autres et elles sont mieux étudiées dans certaines régions. Les sites connus sont répertoriés dans le tableau 6. Le texte analyse les techniques de réduction et de forgeage du fer encore pratiquées dans toutes les villes et dans tous les villages du Nigéria. Il étudie le fer dans ses rapports avec l’économie, les ustensiles et appareils ménagers, la religion, la politique, le matériel militaire, les créations artistiques et dans la vie quotidienne. Sur le plan ethnographique, il souligne les croyances qui s’attachent à la production et à l’utilisation du fer dans le Pays yoruba au Nigéria.
 
Au seuil de la métallurgie intensive. Le choix de la combustion lente dans la boucle du Niger (Burkina Faso et Mali)
Par Bruno Martinelli, Institut d’études africaines

La métallurgie du fer a subsisté jusqu’au début du XXe siècle sous la forme de plusieurs modes artisanaux de production dans la boucle du Niger. Elle a suscité plusieurs changements technologiques en ce qui concerne la réduction des minerais et la fourniture de métal. Dans certaines régions ouest-africaines de production à grande échelle (Togo, Mali, Burkina Faso, Cameroun), des agriculteurs métallurgistes avaient le contrôle du processus de réduction. Dans d’autres régions, les forgerons assuraient l’intégralité de la chaîne opératoire. Pour la production intensive de métal, la technique de la combustion lente, caractéristique des fours à induction, fut perfectionnée et donna lieu à des innovations au Yatenga (Burkina Faso). Cet article s’appuie sur des observations directes et des relevés de matières, températures et résultats effectués au cours de reconstitutions sous la complète responsabilité des artisans. Le choix de la combustion lente est fondé sur une maîtrise cognitive des phases thermiques et de la dynamique des matériaux. Il induit un processus particulier de transmission des savoirs. Ce choix technique est un choix social de rythme de production et d’économie de main-d’œuvre. En adoptant un recul comparatif, à l’échelle de la boucle du Niger dans son ensemble, se dégage une hypothèse sur les conditions sociales et techniques de l’évolution et de la diversification des métallurgies du fer.
 
Bilan des datations des vestiges anciens de la sidérurgie en Afrique et enseignement qui s’en dégage
Par Louise-Marie Maes-Diop, Géographe et historienne, Paris - Association « Khepera »

Contrairement aux idées reçues, les datations physico-chimiques font apparaître que les plus anciens objets en fer provenant de la réduction d’un minerai ont été trouvés dans le Niger oriental. L’archéologie avait déjà mis au jour en Égypte, un échantillon daté de 2565 ans av. J.-C. Outre les datations, le matériel associé et l’attestation d’échanges très anciens rendent plausible l’hypothèse d’une invention de la sidérurgie en Afrique subsaharienne occidentale dans la première moitié du 3e millénaire av. J.-C. On ignore si la sidérurgie de l’Asie occidentale, datée de 2450 ans, est née tout à fait indépendamment ou non. Il faudrait intensifier les recherches et les datations. Les manuels d’histoire devront intégrer les nouvelles données.

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