Convention interuniversitaire

Universite de Bangui

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Anthropologie

Rapport d’activites (2001-2011)

 

L’accord Interuniversitaire concernant spécifiquement l’anthropologie entre l’université de Provence Aix-Marseille 1 et l’université de Bangui (République centrafricaine) a été initié en 2001, suite à une demande des autorités académiques centrafricaines portant sur la création d’un département d’anthropologie et la mise en place d’une formation à la recherche anthropologique à l’Université de Bangui.

Calendrier et objectifs de la convention

La convention interuniversitaire a été signée en 2001, pour une durée de cinq années, renouvelables, entre l’université de Provence Aix-Marseille1 et l’université de Bangui. La convention a été renouvelée en 2008 pour une nouvelle période de cinq années.

Ce projet visait à promouvoir l’anthropologie dans le contexte d’une université africaine à potentiel de développement et rayonnement régional, de nombreux étudiants des pays voisins (Tchad, Congo, Rwanda, Cameroun et Soudan) étant inscrits dans cette université. Ce projet visait, par ailleurs, à associer la formation continue et la formation de formateurs (Education Nationale, Culture, Agriculture, communications), à l’enseignement universitaire de l’anthropologie pour trois filières spécialisées :

  • l’anthropologie du patrimoine culturel.
  • l’anthropologie du développement et du changement social,
  • l’anthropologie de la santé

L’ensemble de ces filières correspond à des spécialisations pour lesquelles l’université de Provence Aix-Marseille1 dispose de fortes compétences d’encadrement en 3e cycle (master et doctorat) et d’accueil en laboratoires de recherche. Dans le cas présent, le laboratoire d’accueil d’étudiants en master et en thèse de doctorat est le CEMAf-Aix. En 2002, ce programme a pu être inscrit dans le projet SUPCA alors en cours d’élaboration en République centrafricaine au titre d’un FSP du Ministère des Affaires Etrangères, programme d’appui de la coopération française (Ministères des Affaires Etrangères) à l’université de Bangui pour une durée de 5 années. Le programme d’appui à la formation anthropologique à Bangui a bénéficié d’un financement de 45 000,00 euros.

L’ensemble du dispositif de formation à la recherche multi-niveaux, prévu au titre de la convention interuniversitaire, composante du 3 du projet SUPCA, a été élargi en cours de calendrier à la mise en place du LMD. Ce programme de mise en place progressive du LMD, sous la responsabilité de B. Martinelli, a été mis en route dès 2003 pour le master. En 2010-2011, le LMD est effectif et la quatrième promotion de master est en cours de formation. Le programme a diplômé 37 étudiants en master et admis trois étudiants en thèse de doctorat. Ces doctorants sont intégrés à l’équipe pédagogique du département d’anthropologie de Bangui en qualité d’assistants.

Résultats et réalisations

Le programme a porté principalement sur :

  • La création d’un département d’anthropologie – réalisée en 2003
  • La création d’un laboratoire d’anthropologie, équipe mixte de recherche – réalisée en 2003
  • L’organisation de programmes de recherches thématiques d’équipe en Centrafrique. Ces recherches de terrain ont été financé par le Projet SUPCA pour la partie centrafricaine. Les enseignants de l’université de Provence y ont participé (par Protocole signé en 2005) dans le cadre des moyens alloués par leur laboratoire : le Centre d’Etude des Mondes Africain d’Aix MMSH sur trois axes thématiques :
    • L’anthropologie du patrimoine culturel
    • L’anthropologie du développement
    • L’anthropologie de la santé
  • l’aménagement de locaux – local du laboratoire et du département réalisé en 2004
  • l’équipement informatique du laboratoire et du département d’anthropologie – réalisé en 2005 & 2006
  • la création d’une bibliothèque de 800 ouvrages de recherche en anthropologie – réalisée en 2008
  •  la création d’un LMD d’anthropologie – réalisé entre 2005 et 2007
    • licence en trois ans d’anthropologie – à partir de 2005
    • master d’anthropologie 1ère et 2ème année – années 2006 & 2007
      • 1ère promotion de master 2ème année : février 2007
      • 2ème promotion de master 2ème année : août 2008
      • 3ème promotion de master 2ème année : en cours
    • Dans le cadre de ces formations, les enseignements dispensés par 2 enseignants de l’université de Provence (B. Martinelli et J. Bouju) ont porté : à raison de 30 heures par année dans le cadre des missions à l’université de Bangui et d’un dispositif d’enseignement à distance, sur :
      • L’épistémologie de l’anthropologie en master 2ème année (B. Martinelli)
      • L’anthropologie du développement (J. Bouju)
      • L’anthropologie du patrimoine (B. Martinelli)
      • L’encadrement de mémoires de master en 1ère et 2ème année (J. Bouju et B. Martinelli)
      • L’encadrement de thèses (B. Martinelli)
  • La formation continue en anthropologie appliquée des agents de l’Etat centrafricain était d’un volume 120 heures de formation. Le niveau de recrutement était bac+3 sur concours. La certification est un certificat universitaire de formation continue qui a initié la formation continue à l’université de Bangui. A partir de cette expérience, son extension à d’autres secteurs est actuellement à l’étude. Le projet SUPCA considérant cette formation comme prioritaire, la convention interuniversitaire a été mobilisée pour en assurer la réalisation. B. Martinelli a mis en place l’ensemble du dispositif pédagogique. J. Bouju est intervenu en anthropologie du développement.

La formation continue en anthropologie a eu trois promotions :

  • Anthropologie du développement – 2006-2007 – personnels du ministère du développement rural
  • Anthropologie de la santé – 2006-2007 & 2007-2008 – personnels du ministère de la santé
  • Anthropologie du patrimoine – 2005-2006 & 2007-2008 – personnels des ministères de la culture et de la communication
  • L’organisation de colloques scientifiques en République centrafricaine afin de valoriser la recherche locale. Deux catégories de colloques ont été mis en place dans le cadre de la convention interuniversitaire: a) les « Journées Eric de Dampierre » (trois journées, chaque année au mois de mai), b) les colloques thématiques de recherche
    • Journées Eric de Dampierre 2005 (mai) : « Les Nzakara et les Zande hier et aujourd’hui » (en cours de publication dans la revue en ligne d’anthropologie – ci-dessous)
    •  Journées Eric de Dampierre 2006 (mai) : « La sorcellerie en Centrafrique aujourd’hui » (en cours de publication)
    •  Journées Eric de Dampierre 2007 (mai) : « Art traditionnel et art moderne en Centrafrique »
    • Journées Eric de Dampierre 2008 (juin) : « Les sociétés africaines au regard de l’anthropologie à travers le cinéma ethnographique »
    • Colloque thématique et exposition de février-mars 2005 : « Patrimoine du fer en Afrique – Le carrefour centrafricain » en partenariat avec l’UNESCO à l’occasion de la sortie de l’ouvrage « Aux origines de la métallurgie du fer en Afrique une ancienneté méconnue » (B. Martinelli étant l’un des auteurs). Au cours de cette manifestation ont été présentés les résultats de fouilles archéologiques menées dans l’agglomération de Bangui, supervisée par B. Martinelli. Ce colloque est publié dans le 1er numéro de la revue en ligne (ci-dessous).
  • La création d’un site internet du département d’anthropologie de l’université de Bangui – réalisé en 2007
  • La création d’une revue en ligne d’anthropologie (à comité scientifique) – réalisée en 2008. Cette revue dénommée « Revue Centre-Africaine d’Anthropologie » est hébergée temporairement par la MMSH et est accessible avec tous les navigateurs internet à l’adresse suivante : http://recaa.mmsh.univ-aix.fr/
  • La direction de thèses d’anthropologie sur la République centrafricaine par B. Martinelli

3 thèses d’étudiants centrafricains

  • Valérie Blandine Tanga (cotutelle U. Bangui) (bourse égide)
  •  Valentin Gossala
  • Jean Bruno Ngouflo (cotutelle U. Bangui) (bourse égide)

3 thèses d’étudiants européens

  • Aleksandra Cimpric (allocataires, ATER en 2008)
  • Andrea Ceriana (cotutelle – U. Turin) thèse soutenue en 2010
  • Laurence Nabitz

Le renouvellement de la convention interuniversitaire pour une nouvelle période de cinq années a été conçu pour valoriser le dispositif d’enseignement et de recherche que que la convention a contribué à créer en République centrafricaine en partenariat avec les anthropologues de l’université de Bangui. Il vise en particulier la formation doctorale de jeunes enseignants-chercheurs.

Pour la période 2008-2012 de renouvellement, la convention interuniversitaire pour l’anthropologie a principalement pour objectifs :

  • La mise en place et l’extension de l’enseignement à distance en articulation avec l’offre de formation de l’université de Provence en anthropologie
  • La formation continue et la formation permanente en anthropologie des personnels d’établissements publics et privés en Centrafrique à mettre en œuvre ou développer dans de nouveaux secteurs (affaires sociales, éducation, justice)
  • La mise en place d’un master professionnel d’anthropologie du développement durable à l’université de Bangui sur le modèle de la spécialité de master d’anthropologie de l’université de Provence
  • La formation à la recherche dont le suivi et l’amplification est un enjeu majeur de rayonnement de nos instituts
  • La formation pédagogique des enseignants-chercheurs en anthropologie (assistants doctorants)
  •  L’organisation de colloques en partenariat en Centrafrique et en France
  • Un programme de publications.

Au cours e cette décennie de coopération, la convention interuniversitaire a suscité une demande spécifique d’anthropologie dans le tissu professionnel centrafricain (ONG, Agences internationales) permettant aux diplômés de niveau master de trouver des emplois (contrats), voire d’assurer des responsabilités de projets et de programmes pour plusieurs d’entre eux. Elle assure le renouvellement et le développement du département d’anthropologie de Bangui avec l’insertion de jeunes nouveaux enseignants chercheurs (5).

Extensions et impacts de la convention interuniversitaire

Par les colloques « Journées Eric de Dampierre » mentionnées plus haut et les conférences ou expositions qui ont été organisés, la convention pour l’anthropologie a contribué à l’ouverture de vastes débats sur des faits de société en République centrafricaine. Cette démarche menée en partenariat interuniversitaire et en partenariat avec divers organismes est appelée à se développer. L’un de ces débats qui anime la recherche scientifique (CEMAf-Aix) avec la préparation d’un ouvrage « Sorcellerie et violence en Afrique » (à paraître chez Karthala) sous la direction de J. Bouju et B. Martinelli, est aussi source de nouveaux programmes d’enseignement et de recherche.

Les 1er et 2 août 2008 a été organisé un important colloque sur un important problème de société en Centrafrique et, plus largement, en Afrique centrale : « Sorcellerie et justice en République Centrafricaine » avec l’appui de : ONU, UNICEF, PNUD, Communauté européenne, Coopération française. Les actes de ce colloque sont publiés en ligne sur le site de la revue Centre-Africaine d’anthropologie n°2.

Ce colloque a eu des impacts immédiats sur l’action des agences humanitaires en République Centrafricaine à partir d’un signalement du problème à l’assemblée générale des Nations Unies (novembre 2008). L’union Européenne a lancé un appel à programmes sur les coutumes et croyances susceptibles de poser des problèmes de droits de l’homme en février 2009 et au titre de l’université de Provence, un programme de formation continue anthropologique des magistrats centrafricains sur les questions de sorcellerie a été présenté et sélectionné. L’Union Européenne a accordé à l’université de Provence un contrat de subvention de (EIDHR/2009/214-926) pour cette action dont la réalisation est sous la responsabilité de Bruno Martinelli. Ce programme de 200 heures de formation conclues par un colloque national pour les 70 magistrats des 3 cours d’appel de Centrafrique est en cours d’exécution au cours de la période 2010-2012.

Cette convention interuniversitaire est devenu le tremplin de plusieurs actions dont ont bénéficié prioritairement l’université de Bangui et son département d’anthropologie (programme SUPCA de la coopération française) mais aussi l’université de Provence (programme EIDHR de l’union européenne). Elle valorise particulièrement l’expertise du département d’anthropologie de l’université de Provence dans le domaine de la coopération internationale avec des programmes et des échanges interuniversitaires.

Bruno Martinelli